Bernard Ceysson
- alicepidancet
- 18 juil. 2021
- 1 min de lecture
Dernière mise à jour : 27 févr. 2022
Plus qu'un maître Jean Laude fut un ami. Et un "patron". L'ami et le maître, inoubliables ! Sa gentillesse, son attention aux autres, son écoute bienveillante, témoignaient à la fois d'une sereine sagesse, empreinte quelquefois d'ironie, et d'une humilité qui faisait oublier qu'il était l'un des "grands maîtres" de l'histoire de l'art. Mais il ne se souciait guère de s'imposer comme tel. Je garde le souvenir de quelqu'un de passionné par la création artistique, il fut, nous le savons, après-guerre l'un des acteurs de l'avant-garde. Peut-être le poète fut-il ainsi, comme pour comprendre, comme pour s'expliciter les voies et les détours de la création, conduit à faire l'histoire non pas de la poésie, elle était sa vie, mais de la peinture et de la sculpture, champ de création qui n'était pas directement le sien ? Il fut donc un lucide critique et un grand historien, rigoureux et méthodique sans esprit de système. Attentif aux formes, il savait les errements du formalisme. Mais il sut éviter, en un temps où s'y enlisait l'histoire de l'art, de dévoyer celle-ci dans le terrorisme "théoriciste" alors à la mode. La critique contemporaine aujourd'hui se fonde sur la réception des oeuvres. Ses amis et ses étudiants se souviennent que bien avant cet engouement il demandait qu'on fasse enfin une histoire de l'art du point de vue du spectateur.
Sans lui, les colloques d'histoire de l'art de Saint-Etienne n'auraient pas été ce qu'ils ont été. Nous ne serions pas, sans doute, ce que nous sommes. Cette exposition lui rend un amical hommage. Et il faut la voir comme telle : une manifestation de l'amitié.
Bernard Ceysson
1991, Exposition au Musée d’art moderne de Saint-Etienne
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